La Lettre de la SSFK (n°6 – août 2021)

Chères/chers collègues kinésithérapeutes,

A l’heure d’écrire ces lignes, notre vie sociale a pu reprendre et nous redécouvrons le plaisir de nous retrouver. A la SSFK, nous sommes très heureux de rester en contact avec nos membres via les webinaires qui nous ont tous fait découvrir le confort d’accès à l’info scientifique de son salon.

Le bout du tunnel est en vue mais il apparait déjà certain que quelque chose a changé dans notre société. Anxiété de la contamination, questionnements et débats face à la vaccination, difficultés de planification, travail à la maison, autant d’éléments qui nous font dire que cela ne sera plus tout à fait comme avant.

Prenez l’exemple de la téléconsultation qui bénéficie pour l’instant d’une nomenclature provisoire de l’INAMI1. Cette réglementation nous a permis d’assurer la continuité des soins au pire de la situation sanitaire. Or, des discussions sont en cours au plus haut niveau pour pérenniser le système dans l’ère post-pandémie. Ce mode de soins à distance génère beaucoup de questions, de doutes et d’inquiétudes. Face à ce phénomène, des informations de qualité et des formations pourront vous aider à tirer le meilleur parti des technologies de l’information et de la communication.

De nombreux outils sont disponibles pour rester connectés à votre patient et un tiers des kinés sondés par une enquête nationale menée par l’université d’Hasselt ont affirmé avoir utilisé ceux-ci pour des consultations digitales. Il ressort également de cette enquête que les kinés qui ont passé le pas sont d’avantage enclins à l’utiliser à nouveau, notamment pour donner des exercices ou éduquer son patient à l’autonomie. Du côté des patients, la majorité d’entre eux soulignent le gain de temps, la flexibilité et l’accessibilité.

Cette approche présente néanmoins un inconvénient majeur pour notre profession : l’absence de contact qui est indispensable à l’examen clinique. La thérapie à distance reconfigure la relation entre le patient et le thérapeute dans tous les cas. Les patients sondés par l’enquête sont favorables à une combinaison entre séances physiques et à distance. Mais que dit la littérature scientifique à ce sujet ? 

La littérature abonde d’études sur la télé rééducation utilisée dans de nombreuses pathologies : Accident vasculaire cérébral, bronchopneumopathie chronique obstructive, diabète, troubles cardiaques, lombalgie, prothèses, etc2-5.  Les preuves tendent à montrer que cette thérapie est le plus souvent équivalente à la thérapie « classique », et parfois même supérieure. Cependant, il convient de nuancer ces résultats par les méthodologies utilisées. La télé rééducation est tantôt utilisée en remplacement des soins « classiques », tantôt en adjuvant. Celle-ci n’est pas adaptée à toutes les situations pathologiques et n’a parfois été testée que dans des contextes standardisés. De plus, peut-on extrapoler des résultats obtenus aux états-unis où les soins ne sont pas comparables aux soins dispensés en Belgique ?  Les revues Cochrane sur le sujet concluent que nous n’avons actuellement qu’un bas niveau de certitude sur ces preuves2. Nous en saurons donc probablement plus dans quelques années au vu de la vitesse d’arrivée de nouvelles études.

Ce qui me semble certain, c’est que l’expérience clinique est un élément crucial lors de l’arrivée de nouvelles technologies. Le meilleur moyen de retirer le meilleur de la télé rééducation est de l’essayer, en combinaison avec des séances classiques. Ainsi, les préférences des thérapeutes et des patients pourront venir nourrir l’« evidence based practice ». Je terminerai par une citation inspirante de Michel Serres.

« La science, c’est ce que le père enseigne à son fils, la technologie, c’est ce que le fils enseigne à son papa. »

Je vous rappelle également nos prochains évènements.

Nos trois prochains webinaires :

  • Le 7 septembre où William Poncin et Nicolas Audag vous parleront du rinçage nasal en pédiatrie
  • Le 5 octobre où François Delvaux et Amandine Gofflot vous parleront de reprise du sport après blessure
  • Le 9 novembre où Louise Declerck et Christian Pirard vous parleront de sport adapté.

La seconde édition du concours TFE/mémoire de kinésithérapie. Plus d’infos à ce sujet très prochainement.

Julien Lebleu

 

Références

  1. Continuité des soins de kinésithérapie : Soins à distance pendant les mesures Covid19. ( n.d .). Retrieved November 04, 2020, from https://www.riziv.fgov.be/fr/covid19/Pages/continuitesoins kines prestations distance.aspx
  2. https://www.cochrane.org/search/site/telerehabilitation
  3. Cottrell MA, Galea OA, O’Leary SP, Hill AJ, Russell TG. Real-time telerehabilitation for the treatment of musculoskeletal conditions is effective and comparable to standard practice: a systematic review and meta-analysis. Clin Rehabil. 2017 May;31(5):625-638. doi: 10.1177/0269215516645148. Epub 2016 May 2. PMID: 27141087.
  4. Wang Q, Lee RL, Hunter S, Chan SW. The effectiveness of internet-based telerehabilitation among patients after total joint arthroplasty: A systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. J Telemed Telecare. 2021 Jan 17:1357633X20980291. doi: 10.1177/1357633X20980291. Epub ahead of print. PMID: 33459120.
  5. Dario, A. B., Moreti Cabral, A., Almeida, L., Ferreira, M. L., Refshauge, K., Simic, M., . . . Ferreira, P. H.(2017). Effectiveness of telehealth-based interventions in the management of non-specific low back pain: a systematic review with meta-analysis. Spine J, 17(9), 1342-1351.doi:10.1016/j.spinee.2017.04.008

La Lettre de la SSFK (n°5 – avril  2021)

Chères collègues, chers collègues,

Cela fait maintenant plus d’un an que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré l’état de Pandémie Mondiale suite à l’apparition de la Covid-19. Une année entière durant laquelle chacun a dû faire preuve de patience et d’adaptation.

Cette crise sanitaire a également suscité de nombreux débats laissant parfois place aux fausses croyances et à la désinformation pointant ainsi un certain manque d’accès à l’information scientifique.

Consulter la littérature scientifique demande de facto du temps et nécessite d’y avoir été formé. Dans ce contexte, la Société Scientifique Francophone de Kinésithérapie (SSFK) s’est donnée pour mission de diffuser, établir et implémenter des recommandations sur la prise en charge des différentes pathologies traitées par le kinésithérapeute. Pour cela, une formation et un accès gratuit à la Cebam Digital Library for Health (CDLH) est offert à tous nos membres. Cette plateforme dispose de nombreux guides de pratique clinique et permet d’accéder à de multiples bases de données scientifiques. La seconde partie de cette lettre sera consacrée à expliquer le fonctionnement de cet outil.

Par ailleurs, dans cette cinquième lettre, nous consacrerons quelques lignes à une pathologie neurologique peu abordée lors des Webinaires précédents et dont l’incidence a considérablement augmenté ces dernières années : l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC).

Enfin, nous tenions à vous remercier pour votre soutient et votre confiance. En effet, vous avez été très nombreux à assister aux Webinaires SSFK et êtes actuellement plus de 350 membres affiliés à la société montrant ainsi votre grand intérêt pour le fondement scientifique de la kinésithérapie.

Gauthier Everard

Administrateur de la SSFK

L’accident vasculaire cérébral (par G. Everard)

L’accident vasculaire cérébral (AVC) touche chaque année plus d’un million de personnes en Europe et est considéré comme la première cause d’incapacité au long terme. En effet, plus de 70% des patients vont souffrir de troubles moteurs (e.a. hémiparésie et spasticité), cognitifs (e.a. héminégligence et apraxie) ou sensoriels (e.a. hypoesthésie et hémianopsie). Une prise en charge pluridisciplinaire et adaptée aux troubles du patient est donc recommandée.

Après un AVC, une partie de la récupération se fait de manière spontanée grâce au phénomène de plasticité cérébrale. Cette « récupération spontanée » est très importante lors des premières semaines et tend à diminuer au fil du temps jusqu’à atteindre un plateau à 6 mois post-AVC. Dans ce contexte, la prise en charge des patients se doit d’être précoce et intensive de manière à stimuler et maximiser ce phénomène de plasticité. Passée cette période d’environ 6 mois, on considère que les patients entrent en phase chronique. A ce stade, la plasticité n’entrant plus en compte, il est primordial de maintenir les patients actifs dans leur rééducation.

Une rééducation efficace des patients victimes d’un AVC (en phase chronique comme aigüe) passe aussi par une prise en charge structurée, spécifique, fonctionnelle, individualisée et progressive. De fait, il a été montré que les exercices de difficulté progressive et orientés vers des tâches spécifiques de la vie quotidienne amélioraient les fonctions du membre supérieur et inférieur de ces patients.

De manière plus concrète, une prise en charge complète doit comprendre :

  • L’éducation du patient sur l’AVC et la prévention de ses complications
  • Une évaluation complète du patient selon le modèle de la Classification International du Fonctionnement (CIF)
  • Une définition claire des objectifs à atteindre avec le patient
  • Un programme d’exercices progressifs adaptés aux troubles du patient

Concernant le membre inférieur, parmi les programmes recommandés on retrouve :

  • L’entrainement à l’équilibre et à la prévention des chutes
  • La marche (avec ou sans aide)
  • Le circuit-training
  • La thérapie par contrainte induite
  • Le renforcement musculaire
  • Les étirements et la mobilisation passive (essentiellement pour les muscles spastiques)

Certains programmes ont également leur place en réadaptation lorsqu’ils sont prodigués en complément d’une thérapie dite classique. Ceux-ci comprennent :

  • La marche avec exosquelette
  • Les jeux d’équilibre et de marche en réalité virtuelle
  • Certains programmes d’auto- et de télé-réadaptation

Pour ce qui est du membre supérieur, les programmes recommandés comprennent :

  • Les exercices de motricité fine et de préhension
  • La thérapie miroir
  • Le renforcement musculaire
  • La thérapie par contrainte induite
  • Les étirements et la mobilisation passive (essentiellement pour les muscles spastiques)

Comme pour le membre inférieur, certains programmes peuvent être envisagés comme compléments à la réadaptation :

  • La thérapie par la robotique
  • La réalité virtuelle
  • Certains programmes d’auto- et télé-réadaptation

Des recommandations plus détaillées concernant la prise en charge et les exercices à prodiguer aux patients victimes d’un accident vasculaire cérébral sont disponibles sur le site Ebpracticenet.

Enfin, il est important de noter que la pratique régulière d’une activité physique (AP) contribue à prévenir la survenue d’un AVC en agissant positivement sur les facteurs de risques de ce dernier. En effet, il existe différents facteurs de risque dits « modifiables » : l’hypertension artérielle, le tabagisme, la consommation abusive d’alcool, la dyslipidémie, le diabète sucré, l’inactivité physique, l’obésité et la mauvaise alimentation. L’AP permet d’avoir un meilleur contrôle de la tension artérielle, améliore le contrôle glycémique, a des effets bénéfiques sur le mauvais cholestérol et réduit la masse corporelle graisseuse. Combinée à un régime alimentaire stricte et/ou une consommation réduite d’alcool et tabac, l’AP réduit significativement le risque de survenue d’un AVC. L’activité physique tient également un rôle très important dans la prévention secondaire et le traitement de l’AVC.

En conclusion, la prise en charge après un accident vasculaire cérébral doit comprendre l’éducation, l’évaluation et la rééducation du patient. Cette réadaptation doit commencer le plus tôt possible, être programmée conformément aux recommandations de bonnes pratiques et adaptée aux troubles et objectifs du patient.

Quelques sites utiles :

Bibliographie :

Kwakkel, G., Lannin, N. A., Borschmann, K., English, C., Ali, M., Churilov, L., . . . Bernhardt, J. (2017). Standardized measurement of sensorimotor recovery in stroke trials: Consensus-based core recommendations from the Stroke Recovery and Rehabilitation Roundtable. Int J Stroke, 12(5), 451-461. doi:10.1177/1747493017711813

Langhorne, P., Bernhardt, J., & Kwakkel, G. (2011). Stroke rehabilitation. Lancet, 377(9778), 1693-1702. doi:10.1016/S0140-6736(11)60325-5

Wafa HA, Wolfe CDA, Emmett E, Roth GA, Johnson CO, Wang Y. Burden of Stroke in Europe: Thirty-Year Projections of Incidence, Prevalence, Deaths, and Disability-Adjusted Life Years. Stroke. 2020;51(8):2418-27

Winstein, C. J., Stein, J., Arena, R., Bates, B., Cherney, L. R., Cramer, S. C., . . .American Heart Association Stroke Council, C. o. C. a. S. N., Council on Clinical Cardiology, and Council on Quality of Care and Outcomes Research. (2016). Guidelines for Adult Stroke Rehabilitation and Recovery: A Guideline for Healthcare Professionals From the American Heart Association/American Stroke Association. Stroke, 47(6), e98-e169.doi:10.1161/STR.0000000000000098

La lettre de la SSFK (n°4 – janvier 2021)

Chères collègues, chers collègues,

Quelle année 2020 ! On ne risque pas de l’oublier…. et elle ne va pas nous manquer. Si nous aurions aimé qu’on la retienne pour la création de la Société Scientifique Francophone de Kinésithérapie (SSFK) le 17 mars 2020, on s’en souviendra surtout évidemment pour cette COVID-19 et ses conséquences. La bonne nouvelle, c’est que cette situation a mis en lumière l’importance et le courage des soignants, l’évolution spectaculaire des connaissances scientifiques lorsque les scientifiques travaillent à l’unisson et les capacités d’adaptation et de résilience de l’être humain.
Cette 4ème lettre d’information de la SSFK est l’occasion de vous présenter les différents projets/initiatives réalisé(e)s au cours de cette année 2020 et de vous présenter nos projets futurs.

Rétrospective 2020
Nous sommes fiers de vous annoncer que:
Près de 300 membres se sont affiliés à la SSFK pour l’année 2020. Nous les remercions pour leur confiance !

– Huit webinaires, accrédités PQK, ont été organisés cet été (Figure 1). Ils étaient gratuits pour les membres, et ont chacun attiré 100 à 200 personnes.

– Trois numéros de « La Lettre d’information de la SSFK » (celle-ci étant la 4ème) ont été rédigées par certains membres du CA de la SSFK et ont été diffusées. Pour rappel, elles sont destinées à vous informer de nos activités/actions en cours, à partager des liens vers des publications scientifiques pertinentes ainsi que des informations liées à des événements nationaux et internationaux.

– Un groupe Facebook « SSFK » regroupant plus de 500 membres a été créé. Il nous permet de partager des infos relatives à nos activités mais également à des publications scientifiques récentes, etc. N’hésitez pas à nous rejoindre.

– Le concours du meilleur TFE 2020 en fédération Wallonine-Bruxelles a été organisé.

Différentes structures académiques francophones enseignant la kinésithérapie ont soumis les 12 abstracts de leurs meilleurs TFE 2019-2020. Cinq experts ont sélectionné les 4 meilleurs abstracts méritant une analyse complète de la publication. Le jury, composé de 3 membres du CA de la SSFK, a décerné le titre du meilleur TFE à Frisque Caroline et Sion Corentin (UCLouvain) pour leur mémoire « La réalité virtuelle impacte-t-elle les paramètres spatio-temporels et les paramètres de variabilité de la marche du sujet atteint de la maladie de Parkinson ? ». Le binôme vainqueur a reçu un prix de 150 Euros + le livre « Evidence-Based Practice en rééducation : démarche pour une approche raisonnée » + une affiliation offerte à la SSFK pour l’année 2021.

La seconde place a été attribuée à Alban Morilleau (HELHa Hainaut) pour son mémoire « Effet d’une sollicitation accrue des muscles inspiratoires sur la performance de jeunes coureurs sains: Comparaison des effets d’un programme d’entrainement en endurance associé ou non à un renforcement des muscles inspiratoires  » tandis que la troisième place sur le podium a été décernée à Gaël Coeckelberghs (ULB) pour son mémoire « Analyse d’une épreuve d’hypercapnie chez des sujets sains vs des sujets hyperventilants »

– Une collaboration a été établie entre EBPracticenet et la SSFK afin de représenter d’avantage la kinésithérapie dans les futures recommandations de 1ère ligne sur base des évidences scientifiques.

– Cette même collaboration nous permet également de faire profiter nos futurs membres à un accès gratuit à la CEBAM Digital Library for Health (CDLH) en 2021. La CDLH offre l’accès à de multiples bases de données scientifiques, autant pour un usage ‘point of care’ (information synthétique accessible lorsqu’on a le patient devant soi), que pour effectuer des recherches plus pointues (ex : Cochrane Database, Minerva, The Lancet – BMJ – NEJM – JAMA – PLOS). Une formation gratuite est proposée à tout prestataire intéressé afin de comprendre comment recherche l’information dans la CDLH (cliquez ICI pour vous inscrire).

– Pendant la première période de confinement, la SSFK a également interrogé le Conseil Fédéral de la Kinésithérapie (CFK) pour définir de façon claire le caractère « indispensable et urgent » des soins.

– Enfin, une base de données des kinésithérapeutes belges francophones ayant des activités scientifiques est en cours d’élaboration.
Projets 2021

Pour notre deuxième année, nous aurions souhaité organiser un congrès en présentiel qui aurait été une occasion pour vous rencontrer…mais la situation complexe actuelle nous a forcé à repousser cette idée à 2022. En 2021, voici ainsi nos projets :

1. La poursuite de la rédaction de nos lettres d’information trimestrielles ;

2. La deuxième édition du concours SSFK du meilleur TFE en Fédération Wallonie-Bruxelles (2021) ; les abstracts des meilleurs TFE devront nous être envoyés pour le 20/9/2021.
3. La création de notre site internet www.ssfk.be. N’hésitez pas à le visiter !

4. L’organisation de 8 webinaires pour nos membres, qui sont détaillés ci-dessous. Pour plus d’interactions, les webinaires seront cette année animés par un binôme d’experts

Autres news
Après Kevin Forton (ULB) et Julien Lebleu (UCLouvain) cet été, Mr Renaud Hage est devenu Docteur en Sciences de la Motricité ce 9/12/2020. FELICITATIONS à eux !

Comment devenir membre de la SSFK pour l’année 2021 ?
La SSFK ne dispose d’aucun fond public pour soutenir son action. Elle dépend donc entièrement de votre soutien. Si vous souhaitez soutenir la SSFK et bénéficier de certains avantages (accès gratuit aux webinaires 2021 de la SSFK, réception de la lettre d’information, accès à la CDLH), vous pouvez devenir membre adhérent de la SSFK pour l’année 2021.
Pour devenir membre en 2021, vous devez :
1. vous inscrire en remplissant le formulaire d’inscription https://docs.google.com/forms/d/1_-RzACStKD7ND9Ggw8q2OgeDAw-tzsJNUuxF7Jdzd2s/edit?usp=sharing
2. verser la cotisation 2021 de 30€ sur le compte bancaire (IBAN : BE27 0689 3773 2773 BIC : GKCCBEBB) avec la communication « nom et prénom + cotisation 2021 »
Mot de la fin

Je profite de ce courrier pour remercier les autres membres du CA de la SSFK pour leur motivation et leur investissement. C’est un plaisir de travailler avec eux !
Courage à vous tous, prenez soin de vous et des autres … et au plaisir de vous rencontrer !

Christophe Demoulin – Président de la SSFK

La Lettre de la SSFK (n°3 – novembre 2020)

Chères collègues, chers collègues,

La situation sanitaire actuelle est malheureusement loin d’être idéale et nous espérons que vous parvenez à la gérer autant que possible. Si on parle beaucoup dans l’actualité du rôle important des médecins et infirmiers, nul doute que les kinésithérapeutes ont également une place importante dans la prise en charge des patients COVID tant en phase d’hospitalisation que pendant la période de convalescence. Il ne faut pas oublier les autres patients, qui souffrent de pathologies chroniques, et dont l’état de santé est fortement affecté par le manque de soins, d’exercices physiques adaptés ou encore de contacts sociaux.
Suite à la journée mondiale de l’arthrose qui a eu lieu récemment et compte tenu du fait que l’arthrose touche 1 million d’individus en Belgique, nous avons décidé de
consacrer cette 3ème lettre de la SSFK à cette pathologie. Une section « news » complètera cette communication.

1. L’arthrose (par le Prof Y. Henrotin)

Aux Etats-Unis d’Amérique, la Food and Drug Administration (FDA) a enfin reconnu qu’il s’agissait d’une maladie sévère pour laquelle il n’existait pas de traitement curatif.
A ce jour, l’objectif thérapeutique est de réduire les symptômes : douleur (mécanique), réduction de l’amplitude articulaire, déséquilibre musculaire, troubles axiaux…
Atteindre cet objectif est très important. En effet, l’arthrose est, chez les plus de 45 ans, une cause de sédentarité et par conséquence un facteur de risque du syndrome
métabolique (dyslipidémie, diabète de type II, hypertension, obésité). L’existence d’une relation entre l’arthrose et les comorbidités liées au vieillissement
est indéniable. Bien soigner l’arthrose, c’est également préserver la santé des seniors. Il est donc important d’améliorer le statut algo-fonctionnel de ces patients afin de leur permettre de rester actifs et de lutter contre la sédentarité et le déconditionnement physique (Henrotin et al., 2019). L’amélioration des symptômes requiert l’association de moyens pharmacologiques et non-pharmacologiques. Les traitements pharmacologiques à visée antalgique et anti-inflammatoire doivent être administrés avec l’objectif de
favoriser la reprise progressive et l’exécution d’activités physiques de manière régulière (Holden et al, 2020). Il faut donc améliorer le statut algo-fonctionnel des patients arthrosiques pour réduire l’incapacité physique et favoriser l’activité physique.
Il s’agit d’un enjeu vital. On sait aujourd’hui qu’un diagnostic radiologique d’arthrose avant 40 ans augmente fortement le risque de mourir d’un diabète, d’une insuffisance
rénale ou encore d’un problème cardio-vasculaire. Le kinésithérapeute doit être en première ligne de la prise en charge de cette pathologie. Les recommandations internationales émanant de sociétés savantes sont unanimes pour dire que le traitement de base de l’arthrose doit inclure des modalités thérapeutiques nonpharmacologiques (Bannuru et al., 2019). Le traitement de base de l’arthrose doit comporter :
– une information ciblée sur la maladie ;
– la pratique d’une activité physique y compris les programmes d’exercices à visée thérapeutique. Consulter un kinésithérapeute qui pourra montrer des exercices
et corriger les éventuels troubles de la statique ou encore les déséquilibres musculaires peut être utile. Les activités physiques conseillées sont : la marche-à-pied,
la marche nordique, la course-à-pied, le cyclisme, la natation, le tai-chi ou encore le yoga ;
– si nécessaire, la gestion du poids par des mesures diététiques.

Récemment, la Fondation Arthrose (www.fondationarthrose.org) et l’Association Française de lutte on divulgué les résultats d’une enquête sur les attentes et les croyances des patients souffrant d’arthrose. 76% des participants pensent qu’une activité physique régulière est l’un des principaux traitements de l’arthrose. Ils ont raison de le penser ! Le hic ? Seulement 36% déclarent pratiquer quotidiennement une activité physique. Cela signifie que beaucoup de patients sont convaincus de l’efficacité de l’activité, mais que finalement peu passent à l’action !

La Ligue Européenne de Lutte contre les Rhumatismes (European League Against Rheumatism, EULAR) recommande (Rausch Osthoff et al., 2018), pour les patients souffrant d’arthrose des genoux ou des hanches, de suivre les directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), c’est-à-dire: la pratique d’au moins 150
minutes par semaine d’une activité physique d’intensité modérée (p.ex. 30 minutes de marche à pied à un rythme de 4-5 km/h, 5 fois par semaine) ou la pratique pendant 75
minutes d’une activité physique d’intensité élevée (p.ex. course à pied, cyclisme, natation, marche à pied à plus de 7 km/h), ou la combinaison de ces deux types d’activité.

Plusieurs sites internet proposent diverses informations et outils pédagogiques pour les patients. Nous pouvons notamment citer :
– www.fondationarthrose.org
– www.arthrolink.com
– www.aflar.org
– https://mykneeexercise.org.au/

En conclusion, le kinésithérapeute doit être en première ligne dans la prise en charge de l’arthrose. Il doit après avoir évaluer son patient, mettre en place un programme d’exercices respectant les recommandations basées sur l’Evidence Based Practice et mettre en place une stratégie favorisant l’adhésion et l’observance de ce programme.
N’hésitez pas à consulter ebpracticenet pour rechercher un guide de pratique clinique complet et aisément compréhensibles (https://www.ebpnet.be/fr/pages/searchresult.aspx?k=gonarthrose)

Bibliographie :
Henrotin Y, Demoulin C, Mathy C. Traitements non pharmacologiques de l’arthrose : incontournables et indispensables [Non-pharmacological treatments for osteoarthritis:
unavoidable and essential]. Rev Prat. 2019 May;69(5):510-514. PMID: 31626454.
Bannuru RR, Osani MC, Vaysbrot EE, Arden NK, Bennell K, Bierma-Zeinstra SMA, et al. OARSI guidelines for the non-surgical management of knee, hip, and polyarticular
osteoarthritis. Osteoarthritis Cartilage. 2019 Nov;27(11):1578-1589. doi: 10.1016/j.joca.2019.06.011. PMID: 31278997.
Rausch Osthoff AK, Niedermann K, Braun J, Adams J, Brodin N, Dagfinrud H, et al. 2018 EULAR recommendations for physical activity in people with inflammatory
arthritis and osteoarthritis. Ann Rheum Dis. 2018 Sep;77(9):1251-1260. doi: 10.1136/annrheumdis-2018-213585. PMID: 29997112.
Holden MA, Button K, Collins NJ, Henrotin Y, Hinman RS, Larsen JB, et al. Guidance for implementing best practice therapeutic exercise for people with knee and hip
osteoarthritis: what does the current evidence base tell us? Arthritis Care Res (Hoboken). 2020. doi: 10.1002/acr.24434. Epub ahead of print. PMID: 32860729.

2. Divers

– Après notre secrétaire Kevin Forton qui est devenu « Docteur à thèse » cet été, Julien Lebleu (notre responsable des réseaux sociaux) a également défendu sa thèse de Doctorat. FELICITATIONS à tous les deux !
– Suite à la première édition du concours SSFK du meilleur TFE de l’année en Fédération Wallonie-Bruxelles, 12 abstracts ont été soumis aux membres du
jury. Les lauréats seront annoncés prochainement.
– L’élaboration du programme des activités SSFK 2021 est en cours. Il sera annoncé en décembre.
– Le KCE vient de publier un rapport sur le syndrome post-soins intensifs (PICS) :
https://kce.fgov.be/fr/rapport-sur-le-syndrome-post-soins-intensifs-pics-%C3%A0-destination-des-m%C3%A9decinsg%C3%A9n%C3%A9ralistes?fbclid=IwAR0Cg12cPQV6NCyJL__4pB9OMKVFXMtLk8R-JrXOJjPm5TXDxgOjlGpC_IM
– EBPracticenet vous propose de suivre un accompagnement en ligne de 45 minutes sur l’utilisation des ressources EBM mises gratuitement à votre disposition pour avoir accès aux guides de pratique clinique synthétisés pour vous. Pour choisir le moment qui vous convient le mieux, il suffit de vous inscrire via le lien : https://calendly.com/seances-info-online-utilisation-ebpnet-cdlhcebam/ebm-dans-votre-pratique-quotidienne

Pr Y Henrotin
Vice-Président de la SSFK